Compte rendu de la XVIème réunion de la Société Française de Chirurgie Pédiatrique ayant pour thème l'hypôspadias, organisée à Paris les 9 et 10 décembre 1967 et présidée par le Professeur Barcat de Marseille.

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First international Congress in Paris in december 1967 about surgery of children with Hypospadias malformation (pdf of the whole review).

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°°°°°°°°°°°°°°°version pdf du compte rendu du premier Congrès International de Chirurgie Infantile traitant de l'Hypospadias: 16ème Symposium de chirurgie pédiatrique hypospadias Paris 9 au 10 décembre 1967

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D'éminents spécialistes européens firent le point en 1967 sur les techniques utilisées sur de jeunes enfants pour traiter les hypospadias (emplacement du méat urinaire un peu bas sur la verge).

Le Symposium avait pour but de mieux définir les règles de l'art en 1967 en analysant les statistiques des séquelles inhérentes aux techniques utilisées à l'époque dans la plupart des Hôpitaux français et étrangers. L'utilisation de statistiques devait permettre d'unifier les techniques sur des critères objectifs afin d'éviter, quand c'est possible, la probable survenue de séquelles (notamment des fistules) résultant de certaines techniques.

La réunion en 1967 des spécialistes en chirurgie infantile présentait une autre nouveauté en abordant les effets psychologiques de ce type d'opération sur de jeunes garçons.

Les vagues d'innovations techniques dans le monde médical et chirurgical, surtout depuis les découvertes du Pr Hamburger dans les années 1950 influencèrent le déroulement de la réunion, notamment avec plusieurs interventions de chirurgiens expliquant comment ils avaient fait évoluer les techniques opératoires dans plusieurs Hôpitaux depuis de plusieurs années.

L'étude des effets psychologiques des opérations des organes génitaux de jeunes enfants dans le Symposium de 1967 résulte aussi de la lente évolution des mentalités dans la prise en compte du patient dans sa relation aux praticiens mais qui n'aboutira qu'en 2002 à la possibilité de consulter le dossier médical et chirurgical.

Le monde hospitalier des années 1950/1960 était encore très imprégné des méthodes du 18ème siècle.

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J'ai été opéré d'un hypospadias balanique bénin au début des années 1960 et à l'époque on parlait peu de ce genre de malformation, ce qui ne permettait pas de gérer les traumatismes psychologiques résultant des séquelles physiques nombreuses à l'époque (notamment des fistules) qui pouvaient perturber le développement de la personnalité, la vie affective, la socialisation et la scolarité.

Ce Symposium est donc important parce qu'il intervient à un moment de mutation sociale, d'évolution des techniques et des mentalités et parce qu'il concerne ce qu'il y a de plus intime dans le corps humain à un âge où les enfants ne comprennent pas encore l'enjeu psychologique et la place que cela occupera dans leur maturation.

Quoiqu'il s'agisse d'une malformation peu importante la plupart du temps, elle peut avoir un certain retentissement dans la construction de la personnalité du jeune de sexe masculin du fait du rôle symbolique du phallus dans l'imaginaire de nos sociétés, a fortiori s'il y a des séquelles opératoires.

Du fait de séquelles pendant mes premières opérations (techniques de Leveuf II), j'ai du être réopéré en 1967 par une des premières femmes chirurgien en France, avec une nouvelle technique moins coûteuse nécessitant moins de jours d'hospitalisation, simple et sans séquelle, quelques mois avant le Symposium, et j'ai suivi plusieurs psychothérapies après 1975 avant de comprendre que je souffrais notamment d'un complexe d'infériorité qui avait résulté des premières opérations quand j'avais 10 ans et du non dit qui les avait entouré.

La découverte du compte rendu du Symposium a eu aussi un retentissement sur ma maturation psychique tout autant que la lecture des comptes rendus de la torture pratiquée sur les parties génitales des prisonniers de la guerre d'Algérie à la même époque où je fus opéré et que j'ai eu des difficultés à surmonter, notamment pendant l'émergence politique de JM.Le Pen du fait de son rôle pendant la guerre dans les années suivant la deuxième guerre mondiale.

J'ai écrit un roman en 1993, un peu influencé par le thème métaphorique de l'étranger de Camus, qui en aborde quelques aspects et qui m'a permis de surmonter en partie ces difficultés psychologiques. Il a été réédité quelques années plus tard un peu modifié sous un autre titre (Suite en là..).

Tout cela m'a amené à faire quelques recherches sur l'origine de cette petite malformation et sur l'évolution des techniques chirurgicales utilisées.

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Depuis des millénaires, divers rituels d'initiation religieux, sociaux ou guerriers ont eu pour objet le sexe masculin. Il suffit de regarder les bas-reliefs mayas où des princes se percent la langue et le prépuce dans des rites initiatiques, ce qui a sans doute contribué à entourer d'un certain tabou toute pratique chirurgicale sur cette partie du corps humain.

Le fait que plusieurs rois de France (les Valois) aient eu un hypospadias a sans doute contribué à ajouter du mystère à cette affection qui serait plus fréquente en Italie et au Proche Orient.

C'est sans doute aussi pour ces raisons que des traitements chirurgicaux ont été mis au point depuis longtemps (Férinel, médecin des Valois, Ombredanne qui en 1932 s'interrogeait sur l'âge optimum de l'opération) mais qui ont peu évolué avant les années 1960.

Les temps ont changé et heureusement on parle plus librement de ce qui a trait au sexe et des malformations en général.

Des études épidémiologiques sont réalisées plus fréquemment et il apparaît que cette malformation se développe actuellement dans les zones rurales où sont utilisés des pesticides qui affectent la croissance de l'embryon.

Le texte du compte rendu du Symposium qui avait été peu diffusé à l'époque intéressera sans doute les spécialistes, les psychologues et les historiens de la médecine et de la chirurgie, mais aussi les personnes ayant cette pathologie et éprouvant une réticence à parler de leur malformation ou à en aborder l'aspect psychologique.

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Le site est en reconstruction. Il a été publié une première fois en novembre 2006, peu après que l'un de mes enfants ait du être traité pour une sérieuse maladie, ce qui m'a replongé dans des souvenirs de l'époque où je fus opéré, puis, du fait de divers problèmes et d'un oubli à renouveler son paiement, le site a été fermé quelques années après.

Je n'ai pas mis en ligne toutes les pages du compte rendu du Symposium (fort volumineux) dont il existe encore quelques exemplaires, et le site sera complété dans les prochains mois.

Quoique n'ayant reçu aucune demande en ce sens pendant la première édition du site, je préfère biffer le nom du chirurgien qui a été le plus critiqué pendant la réunion de 1967 (j'avais été opéré dans son service en 1963), d'autant qu'il a exercé encore récemment de hautes responsabilités dans le monde scientifique, médical et chirurgical et a été sollicité dans des émissions télévisées.

Toute suggestion est la bienvenue ainsi que des copies d'articles ou de mémoire pouvant enrichir le sujet (j'ai notamment ainsi trouvé plusieurs mémoires d'étudiants qui dans les années 60 avaient des idées novatrices, y compris d'étudiants ayant fait leur stage là où je fus opéré).

Norbert Artal

Novembre 2013

Retranscription du compte rendu publié en 1969 (pages 277 à 281):

1) Allocution du Doyen Beau

2) Introduction du Professeur Barcat

3) Participants au Symposium

4) Symposium:

............la version est intégrale est au format pdf: : 16ème Symposium de chirurgie pédiatrique hypospadias Paris 9 au 10 décembre 1967

 

1-Indications thérapeutiques - Aspects psychologiques

--------------------------------------------------------------------------------pour toute remarque ou suggestion écrire à: booklivres1@gmail.com

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1) Allocution de M. le Doyen BEAU

Président de la Société Française de Chirurgie Infantile

Messieurs, si vous voulez bien, nous allons ouvrir cette séance qui est essentiellement une séance de travail .Aussi vous me pardonnerez si je ne vous fait pas de discours d'introduction.D'ailleurs je crois qu'un discours d'introduction serait très mal venu car nous trouvons ici entre amis, nous nous connaissons tous très bien.

Je voudrais tout de mème dire tout le plaisir que nous éprouvons à nous retrouver en cette époque du début de l'hiver, qui est évidemment un peu rigoureuse, de même que nous nous retrouvons toujours avec plaisir à la réunion de printemps.

Je voudrais surtout profiter de, l'ouverture de cette séance pour adresser tous nos souhaits très cordiaux de bienvenue à ceux de nos amis venus des pays voisins, et quelquefois même de pays lointains, qui veulent bien témoigner par leur présence l'amitié qu'ils portent aux Français, et aussi l'intérét qu'ils accordent à l'activité de notre Société de Chirurgie infantile, qui bien qu'étant encore très jeune, manifeste par son dynamisme un intérêt tout particulier pour des problèmes qui nous touchent de très près.

Mes chers amis, avant que notre travail ne commence, je voudrais vous rappeler qu'il y quelques mois seulement nous avions le plaisir et la joie d'être ensemble à Toulouse, où nous avons passé des journées de printemps qui nous ont laissé un souvenir extrêmement agréable, tant par la qualité des réceptions que par l'intérêt du travail qui y a été fait. E t tout cela nous le devons, nous le devions dois-je. dire, à celui qui avait organisé ces séances, celui qui y avait mis tout son coeur, toute son âme, tout son dynamisme, qui nous avait accueillïs avec une si chaude et si cordiale amabilité.

Le Professeur VIRENQUE n'est plus ! Vous savez que brutalement il a été ravi à l'affection des siens et à la nôtre. Nous connaissons les dures épreuves qu'il avait du subir, épreuves dans ses affections les plus chères et épreuves personnelles. Nous ne pouvions pas nous douter qu'en si peu de temps il nous serait arraché.

Je vous demanderai d'avoir une pensée pour lui, qui a bien oeuvré pour la Chirurgie infantile et pour notre Société, et qui l'avait prouvé d'une façon si éclatante lorsqu'il nous a reçus à Toulouse, et d'observer à sa mémoire une minute de silence.

Messieurs, cette séance est une séance de travail. Aussi je n'abuserai pas plus longtemps de vos instants.

Mon collègue et ami, le professeur BARCAT a bien voulu préparer et diriger un Symposium sur une question qu'il connaît particulièrement, bien: l'hypospadias. C'est une question qu'il nous importe à nous tous aussi de bien connaître et sans plus attendre je lui donne la parole en tant que modérateur de ce Symposium, pour qu'il nous dise de quelle façon il en a conçu lu réalisation.

2) Introduction par le Professeur J. Barcat

Je dois d'abord remercier tous les collègues qui ont, d'une façon ou de l'autre, participé à l'élaboration de ce Symposium.

Quinze d'entre vous ont répondu au questionnaire et nous ont envoyé leurs statistiques.

D'autres se sont inscrits pour prendre part à la discussion ou faire une communication.

Pour la clarté de l'exposé, chacun des chapitres de notre étude présentera d'abord sous forme de table ronde, le travail établi à partir des quinze statistiques, et se terminera par les discussions et communications particulières.

Les 15 statistiques nous ont permis de réunir 3.459 observations (tableau I).

Toutes les observations n'ont pas pu être utilisées à propos de chacun des chapitres, soit du fait d'une classification différente des formes anatomiques, soit parce que les résultats n'étaient pas toujours exposés en fonction des techniques employées.Nous indiquerons donc, à propos de chacune des synthèses que nous avons pu faire, le nombre de cas sur lequel elle a été établie.

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3) TABLEAU I. - STATISTIQUES ADRESSEES PAR MM.

MOLLARD (Lyon)................................................ 41 observations

KILICHAN (Istanbul) ..................... .................... 87 -

AUBRESPY et PIERRE (Marseille)........................ 117 -

RIGHINI et COMOLLI (1946-1954) (Livorno) ..... .260 -

RIGHINI (1955-I967) (LIVORNO) ................................. 149 -

PREVOT et BABUT (Nancy) ................................. .. 87 -

DICESCO (Bucarest)............................................. 130 -

CAHUZAC et SOREL (Toulouse) ............................ 145 -

CHICOT (Paris).................................... ................. 364 -

PETIT, CENDRON VALAYER (Paris) ...................... 629-

PELLERIN, Mme FEKETE, MITROFANOF (PARIS)... 343 -

B0UREAU et CHATELAIN (Paris) ............................152 -

DESORGHER, VINCHON, BAYART (Lille) . ................68 -

INGELRANS, SAINT-AUBERT, LEJEUNE (Lille) ...... 111 -

DUHAMEL (Paris) .................. ................................233 -

BARCAT et GLICENSTEIN (Paris) ............................543

......................................................TOTAL..3459 observations

4) SYMPOSIUM:

.......... voir texte intégral dans la version pdf: 16ème Symposium de chirurgie pédriatrique hypospadias Paris 9 au 10 décembre 1967

IV. - INDICATIONS THÉRAPEUTIQUES

J. Barcat. - Comme toujours, il faut adapter le traitement au terrain, c'est-à-dire à l'enfant hypospade lui-même, â son psychisme, à son âge et au type anatomique de l'hypospadias.

I. --- Le terrain

Nous avons vu que, sur le plan physique, l'enfant hypospade n'est guère différent des autres ; les malformations associées n'y sont pas plus fréquentes qu'ailleurs. Et il va de soi que, si l'hypospadias accompagne une autre malformation majeure, il passe au second plan et doit même éventuellement être négligé.

a) Aspect psychologique.

Par contre, sur le plan psychologique, un certain nombre de ces enfants ne sont pas tout à fait normaux. Nos statistiques n'ont guère évoqué ce sujet, mais l'expérience de chacun d'entre nous lui rappellera des cas, surtout de grands hypospades postérieurs, dont le psychisme est altéré, tant en raison du retentissement mental de la malformation, que d'un retard intellectuel lié, de façon évidente ou non, à des troubles hormonaux. Ces faits doivent entrer en jeu dans la conduite du traitement.

D. P. - Le psychisme des enfants atteints d'hypospadias semble assez souvent perturbé. Dans 13 cas, il existait un retard psychique manifeste noté sur l'observation. C'est pourquoi il nous a paru intéressant de faire une étude systématique du niveau mental (Q.I.) et scolaire de tous les enfants atteints d'hypospadias.

En 1967,17 examens (test de Binet-Simon) ont été pratiqués par le Dr Benveniste, avec les résultats suivants :

En ce qui concerne le niveau mental (Q.I.), la moyenne se situe à 95 (7 de plus de 100, 3 entre 90 et 100, limite inférieure de la normale, 6 entre 8o et 90 et 1 de 74). Après élaboration statistique, on constate que le Q.I. moyen de ces 17 sujets ne diffère pas de façon significative de la moyenne générale (Q.I. = 100). (A l'épreuve du test de Student, pas de différence significative, même à 10).

Les désordres psychologiques sont plus difficiles à chiffrer objectivement. Cependant le niveau scolaire dépendant à la fois du niveau mental et des conditions psychologiques permet dans une certaine mesure de juger de ces dernières, lorsque le Q.I est normal.

Sur les 17 enfants examinés, au moins 10 présentaient un retard scolaire. Celui-ci peut être dû soit à un retard de la parole, à une dysorthographie ou une dyslexie (5 cas), soit peut-être à des facteurs affectifs induits par la malformation. Ceux-ci sont difficiles à apprécier, et peuvent être la conséquence des hospitalisations répétées, d'échecs opératoires ou simplement de la nécessité de miction en position accroupie.

Seule une étude plus poussée en ce sens permettrait de conclure s'il faut à tout prix abaisser l'âge de l'uréthroplastie. Déjà la proportion importante de retards scolaires semble justifier cette attitude.

b) Age de l'intervention.

J. J.Barcat. - Ceci nous amène à discuter de l'âge optimum des interventions. Sur ce point, nous ne sommes pas tous d'accord, car il semble que deux facteurs jouent en sens inverse pour déterminer cet âge optimum : le facteur psychologique et le facteur sécurité. •

Le facteur psvchologique, P. vient d'en parler. Nous pensons tous que la malformation sous son aspect urinaire peut être source de conflits dès l'âge scolaire, et même peut-être avant. Mais c'est surtout sur le plan génital qu'à partir de l'adolescence l'hypospadias peut entraîner des complexes importants, complexes dont l'hypospade devenu adulte n'arrivera pas toujours à se libérer, et qui peuvent aboutir à une impuissance purement psychique. Nous en avons vu quelques exemples en parlant des résultats tardifs (p. 87).

Cet aspect psychologique incite donc à opérer très tôt pour que le traitement soit complètement terminé avant l'âge scolaire si possible, et en tout cas avant la puberté.

A l'opposé, le facteur sécurité agit dans le sens d'un retard de l'intervention. Il est certain qu'une uréthroplastie est beaucoup plus facile à effectuer sur une verge bien développée, avec une étoffe abondante. Et si de ce fait on est plus sûr, en intervenant tard, d'avoir des succès du premier coup, cela vaut mieux, psychologiquement aussi, que de soumettre l'enfant à des interventions itératives dues aux échecs d'opérations trop précoces.

P. Petit. - Il faut savoir qu'un urèthre reconstitué n'a pas l'élasticité d'un urèthre normal, et qu'il faut donc qu'il soit le plus large possible. Tout le monde prend son tissu (je crois que toutes les techniques reviennent à peu près à cela) sur la peau de la verge proprement dite : il faut donc qu'il y en ait suffisamment. Et comme on dit, la plus belle verge ne peut donner que ce qu'elle a ! C'est pourquoi il faut qu'elle soit grosse. Donc j'opère en principe quand la verge est suffisamment développée, à la période pré-pubertaire, à 12, 13 ans, l'âge est variable ; c'est essentiellement fonction de la dimension de l'organe.

J. Boureau - A Bretonneau, nous opérons à l'âge de la puberté, lorsque la verge a atteint un très bon développement. L'intervention à cet âge est plus simple, la qualité des tissus fait que les fistules sont certainement moins fréquentes. Dans le cas d'hypospadias postérieur, la vue des poils nous permet de choisir le lambeau cutané le plus propre à l'uréthroplastie, et nous pensons de cette façon éviter la survenue d'une lithiase.

Nos malades semblent attendre patiemment l'âge de l'intervention sans que cela altère leur psychisme, et les moins patients trouvent dans les mains de nos collègues le secours qu'ils réclament.

Seules les formes, comme le disait P. , les plus postérieures, qui obligent le garçon à uriner assis, doivent être opérées précocement au moment de l'âge scolaire. Ce sont les seules formes qui réclament un traitement précoce, à l'âge de cinq à six ans, pour permettre au garçon d'uriner comme les autres enfants de sa classe. Dans tous les autres cas, nous opérons très tard, et jamais avant la puberté.

L. Chigot. -- Mon propos sera très court, je rejoins exactement ce qu'à dit Petit, en ce sens que je ne crois pas que ce soit une question d'âge mais une question de taille.

Au point de vue psychologique, j'ouvre une petite parenthèse : j'ai eu un cas très malheureux d'un enfant qui présentait un hypospadias balanique mineur, à qui on avait déconseillé l'intervention non seulement dans mon service mais dans d'autres au cours d'une enquête que j'avais faite pour l'article des Annales de Chirurgie (1962), )'ai appris que cet enfant s'était suicidé, alors qu'il devenait adolescent.

Il s'agit là bien entendu d'un cas extrême, mais vous voyez qu'il peut y avoir des retentissements psychologiques vraiment dramatiques d'une malformation mineure.

D. P. - Nous n'avons entrepris l'étude psychologique de nos enfants due pour tenter de nous faire une idée exacte des conséquences éventuelles des interventions que nous pensons devoir ne pratiquer que tardivement, pour des raisons de sécurité.

En effet, il nous semble que trop d'échecs dont nous avons été les témoins sont le fait d'interventions sur des verges insuffisamment développées. Si nous concevons la nécessité de faire uriner debout dès que possible un hvpospadias postérieur, nous ne sommes pas persuadés de l'impérative nécessité de traiter un hvpospadias antérieur ou moyen " avant la grande école ".

A notre sens, l'indication opératoire n'est pas une question d'âge mais une question de taille de l'organe. I1 nous est arrivé d'opérer simultanément z frères, l'un de 8 ans, " à point ", l'autre de 12 ans, insuffisant. En pratique, l'âge moyen de nos uréthroplasties a été de 1 1 ans 11 mois.

Nous avons depuis 3 ans utilisé les gonadatrophines chorioniques pour hâter la croissance de la verge. En effet, nous avons constaté à maintes reprises que les gonadotrophines chorioniques prescrites dans l'ectopie testiculaire, faute d'agir efficacement sur celle-ci, avaient cependant pour effet constant d'entraîner une croissance sensible de la verge. Les nombreuses biopsies testiculaires faites au cours de l'orchidopexie nous faisaient augurer de la bénignité de ce traitement. Nous espérions donc,

par leur utilisation dans les hypospades, augmenter les dimensions de la verge, et, partant, avancer l'âge de l'intervention.

Nous prescrivons 1 000 unités de gonadotrophines chorioniques en intra-musculaire, 3 fois par semaine pendant 3 semaines, soit 9 000 unités qui sont renouvelées au bout de 4 à 6 mois. Depuis 3 ans nous avons prescrit ce traitement dans 26 cas avec 25 résultats appréciables. Aucun incident n'a été observé. Plusieurs biopsies testiculaires pratiquées après ces doses relativement importantes de gonadotrophines n'ont révélé aucune anomalie histologique (fig. 35).

L'âge moyen de ce traitement a jusqu'à présent été de 10 ans. Mais depuis un an nous le prescrivons systématiquement à partir de 7 ans afin de pouvoir faire l'uréthro-plastie à 8 ans.

J. Barcat. - Je sors pour un moment de mon role de modérateur, pour dire que je ne suis pas de l'avis des orateurs qui viennent de parler, car je crois que les critères de taille ne sont pas tellement importants. je n'ai pas l'impression que le jeune âge des enfants m'ait donné plus de difficultés que les autres pour la réussite de l'uréthroplastie. En outre, des enfants opérés jeunes et revus à 1 z, 15 ans et davantage montrent que l'urèthre se développe en même temps que la verge. S'il existe parfois un léger recul du méat, jamais nous n'avons vu de sténose canalaire tardive. Par conséquent, ü n'y a Peut-être pas un intérêt majeur à attendre que la verge soit " à point", comme P. vient de le dire.

Et j'attache une telle importance au facteur psychologique, que je suis partisan convaincu des opérations précoces. Presque tous les auteurs américains (Culp, Horton, Cronin de Felice, Backus) sont actuellement de cet avis, en insistant évidemment sur la nécessité d'une perfection technique qui pallie, la pauvreté des tissus. Ce qui me conduit à proposer les opérations préliminaires à partir d'un an, et l'uréthroplastie vers 4-5 ans. Il faut évidemment y apporter un soin particulier, au besoin en utilisant une loupe ou une lunette binoculaire. Mais je ne crois pas que la petite taille de la verge soit un inconvénient réel pour la réussite (le l'intervention.

D. P. - Je ne sais pas faire les hypospadias tout petits ! Et les difficultés que l'on observe avec une sonde de petit calibre me paraissent très supérieures aux difficultés et aux risques d'obstruction d'une sonde de gros calibre. Entre mes mains les incidents sont si fréquents chez les petits que j'ai renoncé à les opérer trop jeunes.

I1 s'agit surtout pour moi d'un problème de dimensions de lambeaux et de vascularisation. La technique que nous préconisons ne s'applique - répétons-le -- qu'à des verges suffisamment développées. Peut-être n'en est-il pas ainsi pour d'autres procédés.

J. Barcat. - En liant ainsi la notion d'âge (ou de développement de la verge) au type d'uréthroplastie utilisé, P. me semble avoir trouvé l'explication de nos différences d'opinion.

Pour le segment terminal de l'uréthroplastie, certains procédés exigent un gland de grande surface : ce sont ceux qui emploient exclusivement la muqueuse balanique pour former le canal (Leveuf II) ou pour le recouvrir (Mathieu simple, Mathieu

Indications selon le type Chigot, ou Mathieu-Pellerin).D'autres s'accommodent d'un gland plus étroit : ce sont ceux qui lui apportent un tissu de complément (Mathieu à grand lambeau, Leveuf I) ou qui tirent parti de son épaisseur (tranchée). On comprend que les premiers soient plus utilisables chez les grands enfants, les seconds chez les plus petits. La " querelle des âges " est donc, pour une bonne part, liée à une option technique, et ceci mérite d'être retenu pour le choix d'un procédé.

II. - Indications suivant le type d'hypospadias

a) Hypospadias balanique.

J.Barcat. - Nous avons déjà vu qu'un grand nombre d'hypospadias balaniques n'ont pas été opérés parce que nous avons jugé, les uns et les autres, inutile de le faire. S'il y a sténose ou coudure, le problème change. Quand on doit faire un allongement, ou une méatostomie d'amont, le méat hypospade s'éloigne du gland: il devient balano-pénien, voire pénien antérieur,et rentre alors dans le cas des variétés qui nécessitent une uréthroplastie. .

Ajoutons cependant, comme Cendron l'a rappelé, que dans les hypospadias balaniques il suffit parfois de faire une méatostomie d'aval, pour supprimer le "brise-jet" que représente la valvule antérieure, et corriger l'axe de la miction.

b) Hypospadias balano-péniens et péniens antérieurs

Pour les autres formes antérieures,l'uréthroplastie est nécessaire. On doit alors discuter du choix d'une technique et d'abord d'un procédé en un temps, ou en deux temps.

J. Boureau. - Le choix des méthodes est établi dans le service de mon maître Laurence, à l'hôpital Bretonneau, depuis 17 ans.

Les hypospadias balaniques qui sont justiciables d'une intervention, et les halanopéniens relèvent en principe d'une opération type Mathieu simple. Si l'orifice uréthral siège en arrière du sillon balano-pénien, nous abandonnons l'opération de Mathieu pour le Leveuf 2° manière en deux temps.

Si l'on s'en tient à ce choix très strict, on constate que les résultats du Mathieu, pour les hypospadias balaniques ou balano-péniens, sont bons, et ceci pour la simple raison que le lambeau cutané nécessaire à l'uréthroplastie est court et bien vascularisé. La qualité du résultat tient essentiellement à la qualité du lambeau.

C'est pourquoi l'aspect de la peau en arrière du méat retient toute notre attention. Si elle est épaisse, il est à peu près certain que l'opération de Mathieu donnera un bon résultat. Si au contraire cette peau n'est pas de bonne qualité, et paraît d'une épaisseur insuffisante, je crois qu'il faut abandonner l'opération de Mathieu pour celle de Leveuf.

J. Cendron. - Dans le service de M Petit nous n'opérons pratiquement pas les hypospadias balaniques,si ce n'est pour leur faire une hémicirconcision si vraimment le tablier est très long. Pour les autres, nous avons une expérience peu favorable avec Mathieu. Jusqu'en 1958, avec P. Petit, nous avons fait 20 Mathieu;chaque fois nous revoyons les enfants, ils nous donnaient l'impression que l'orifice se rétractait un peu. Nous n'avions donc pas un excellent résultat, mais un bon résultat, d'après la classification que nous avons adoptée pour ce Symposium Et puis dans la même semaine,P.Petit et moi avons eu une nécrose quasicomplète du lambeau Mathieu. Peut-être était-ce dû à un tissu peu favorable, mais dans la mème semaine c'était beaucoup !

C'est depuis cette époque, que nous en sommes venus au Leveuf avec un affrontement partiel, et nous trouvons que la rétraction du méat est exceptionnelle.Le reproche qu'on peut faire au Leveuf c'est qu'il laisse à la face inférieure du gland une zone pigmentée du tissu scrotal. Mais l'orifice reste brun terminal et mème en voyant des enfants tardivement, il ne nous a pas semblé qu'il y ait aucune rétraction du méat.

J. Barcat. - Boureau et Cendron ont donc opté pour un procédé en deux temps (Leveuf II). Tout au plus Boureau accepte-t-il d'opérer en un temps les formes balaniques et balano-péniennes (Mathieu simple) si la peau d'amont est de bonne qualité Mais on nous a présenté six autres procédés en un temps valable même

Introduction

Statistiques

Allocution

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